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L’interview de Laurent Brassier

Depuis l’âge de mes 16 ans, je suis à l’IMPro les Sources,
Je suis en famille d’accueil.
Lors de mon inscription dans l’établissement, j’ étais mineur
Tout le monde était très accueillant et sympathique,

J’avais donc 16 ans et demi.
Auparavant je ne pouvais pas contrôler ma timidité
Après mes 17 ans, je n’ étais presque plus timide.

Aujourd’hui j’ai 18 ans, je ne suis plus du tout timide.

Au début c’était dur pour moi parce que je n’allais pas vers les autres
J’étais renfermé sur moi même.
J’étais tellement intimidé que je ne parlais à personne.
Maintenant je fais de mon mieux pour aller vers les autres et parler, discuter avec les gens.

Depuis que je suis majeur, les personnes de mon groupe sont toujours aussi sympathiques.
Moi, je prends des relations avec tout le monde, j’ai des contacts avec tout le monde.
C’est cool dans notre groupe des 18-20 ans,
On s’amuse, on rigole un peu.
C’ est l’ambiance !
Moi aussi il m’arrive de rigoler, de faire des blagues.
Parfois je fais un peu l’idiot.
Hi ! hi ! hi ! hi ! hi ! hi ! hi ! hi ! hi ! hi !
Ha ! ha ! ha ! ha ! ha ! ha ! ha ! ha !

Quand ce sera mon départ, je passerai le bonjour à tout le monde, y compris à Chantal et à Noura.
Hi ! hi ! hi ! hi ! hi ! hi ! hi ! hi ! hi ! hi !
Ha ! ha ! ha ! ha ! ha ! ha ! ha ! ha !

Pourquoi j’ai souhaité présenter ce texte

Laurent a réalisé son propre interview et le présente donc comme tel, en somme comme l’interview d’un autre, ce qui est déjà une forme qui m’intéresse.
Il m’intéresse aussi parce qu’il a su exprimer comment il est passé d’une grande timidité, d’un renfermement sur lui-même, à une ouverture, à l’échange.
Et cela est traduit dans le langage lui-même, par ces « Hi ! Hi ! Ha ! Ha ! » qui ponctuent la fin du texte et qui ne sont pas une manière canonique d’écrire. Cela m’a tellement plu que j’ai proposé de redoubler ces Hi !Hi Ha ! Ha ! au final.
Cela se traduit par une vision sereine du départ de l’établissement qui arrivera forcément : une étape achevée il pourra saluer celles dont il sera séparé. Qui sont Chantal et Noura ? Qu’es-ce qui a pu se dire entre eux pour qu’elles soient nommées ici ? Ça, le texte ne le dira pas. C’est à chaque lecteur d’imaginer. Un écrit ne dit pas tout. Il laisse à chacun son imaginaire cheminer. Et ici il chemine sereinement (tous les textes on le sait, ne dérivent pas toujours sereinement, car la vie n’est pas toujours facile).