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A Bamako un député interpelle un ministre sur la question des Maliens refoulés

Le ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, Dr. Badra Alou Macalou, est interpellé par le Député Oumar Mariko du groupe parlementaire PARENA/SADI.

L’interpellation du Dr. Oumar Mariko est relative aux expulsions massives et répétées des Maliens de la France, de la Libye, d’Espagne, entre autres.

Voici un extrait des récentes questions orales qui ont été posées :
Monsieur le ministre,
Depuis le début de l’année, nous constatons 45 expulsions en moyenne par mois sur Air France ; en août 2008, un charter de Libye avec 135 Maliens. En janvier 2008, 85 Maliens sont expulsés du Mozambique. De plus, plusieurs charters d’une centaine de Maliens expulsés d’Espagne et en novembre dernier 420 Maliens sont à nouveau expulsés de Libye. Ces constats doivent vous amener à questionner : vos stratégies de développement qui n’offrent aucune perspective à notre jeunesse ; les relations ambiguës que l’Etat malien entretient avec les Etats libyen, Français et Espagnol mais également l’idée de l’intégration africaine et celle des droits de l’homme lorsque nos ressortissants sont maltraités, expulsés et spoliés de leurs biens et cotisations.

Monsieur le ministre,
Pour que les ressortissants maliens puissent être expulsés, le Consulat doit délivrer un laissez-passer aux autorités du pays qui font la demande d’expulsion. Ce laissez-passer est une reconnaissance par les autorités maliennes que la personne concernée est bien de nationalité malienne et qu’elle peut être expulsée.
Pourquoi remettez-vous des laissez-passer à ceux qui sont dans les centres de rétention en France et qui ne veulent pas quitter la France alors que vous tardez à le faire pour ceux qui sont dans les prisons libyennes ? Confirmez-vous que les autorités vous remettent pour chaque laissez-passer délivré 150 euros ? Si tel est le cas, quelle est la justification de ce montant alors qu’ensuite vous n’apportez aucun soutien aux expulsés ? Les modalités de délivrance des laissez-passer sont très opaques. Quelle procédure claire proposez-vous pour la délivrance des laissez-passer ?

Monsieur le ministre,
Depuis presque deux années, l’Etat français tente de faire signer à l’Etat malien des accords sur la gestion concernée des flux migratoires. Pourquoi le contenu de ces négociations ne sont-ils pas rendus publics ? Est-il vrai que l’Etat a posé comme conditionnalité à la signature de tout accord, la régularisation de tous les sans papiers maliens présents en France ? Pouvez-vous vous engager devant tous les députés ici présents qui cet accord ne sera jamais signé par l’Etat malien ?
Des accords du même type ont été signés avec l’Espagne, ce dernier s’étant engagé à délivrer 800 visas de saisonniers en contrepartie du fait que l’Etat malien accepte de rapatrier ses expulsés. Mais dernièrement l’Etat espagnol s’est rétracté, annonçant qu’il ne délivre aucun visa mais qu’il poursuivrait les expulsions. Pourquoi ne dénoncez-vous pas le non respect de ses accords ?

Monsieur le ministre,
Les Maliens expulsés sur des vols courants sont réceptionnés par la police de l’Air et des frontières puis sont abandonnés à l’aéroport sans argent, sans moyen pour se rendre jusqu’à leur famille. La protection civile ne vient les chercher que lorsqu’il s’agit de charter. Ces ressortissants maliens qui sont expulsés font partie des 3 à 4 millions de Maliens (estimation) qui contribuent au développement de notre pays en envoyant régulièrement de l’argent à leur famille. Quand ils envoient de l’argent, ils sont considérés comme des Maliens et ont toute votre attention, mais lorsqu’ils sont en difficulté, ils sont oubliés ou insultés, leur reprochant leur situation, parfois irrégulière.