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Les refus de visa culturels ou de chercheurs

Halte au soupçon permanent sur les étrangers

J’assure des activités culturelles avec des partenaires d’Afrique subsaharienne. En clair je fais venir des collègues africains dans des colloques ou des tournées de spectacles.

Quand je vois ce qui est demandé pour réaliser ces activités la révolte monte en moi, je suis de plus en plus indigné par le mépris dont nos consulats font preuve à notre égard, ce qui me fait d’autant mieux comprendre le mépris que nos amis africains éprouvent face à tout ce qu’on leur demande.

Et là je ne fais pourtant référence qu’à des gens qui n’ont nulle envie de rester en France, qui ont un statut clair et respecté dans leur pays. Ils sont suffisamment reconnus pour que les partenaires culturels ou scientifiques de France aient envie d’eux car en France on a besoin de leur réflexion pour avancer. Notre identité nationale est à ce prix, celui d’un échange avec les autres.

Je donnerai donc deux exemples qui expliquent ma révolte actuelle, mais ces exemples sont légion : j’organise un colloque international et de deux pays me sont parvenus les demandes suivantes de mes correspondants :

Pour le Bénin on voudrait que je fournisse une attestation d’assurance de l’association.

Comme si le travail que nous menons, soutenu par les autorités français, l’Etat (direction régionale des Affaires culturelles) ou les collectivités territoriales (Région, Département), l’université etc. ne suffisait pas et qu’il fallait encore soupçonner, espérer sans doute que nous ne serions pas en règle avec la législation française et n’aurions pas souscrit les contrats d’assurance que toute association normalement constitué se doit de disposer.

Mais où se croit-on ?

Du Burkina Faso cette autre demande : que la lettre d’invitation soit authentifiée par la DRAC de Picardie (la direction régionale des affaires culturelle…).

Comme si nous n’avions les uns les autres que cela à faire ! C’est de plus dans une salle de cette DRAC qui les rencontres doivent se dérouler et cela est bien noté sur les programmes envoyés!

D’où nos consulats tiennent-ils ces nouvelles règles ?

Ailleurs on me demandait le lieu exact d’hébergement.

Et puis encore on refusa un visa car le passeport du plaignant (on doit appeler ainsi sans doute ceux qui prétendent venir chez nous pour des collaborations artistiques et scientifiques ?) expire trop rapidement après la date de nos rencontres.

J’ai envoyé des lettres d’invitation où je confirme la prise en charge du vol international, des frais de déplacements, d’hébergement et de restauration en France !

Ne faudra-t-il pas aussi donner un bakchich au consul ou à l’ambassadeur ou bien qu’ils choisissent eux-mêmes les Africains qu’ils jugent les plus méritants pour venir en France ? Un bakchich à régler aux représentant du ministère des expulsions, pour avoir le droit de faire venir un étranger de passage en France ?  Ah qu’elle est belle la françafrique !

Peut-être en viendra-t-on à payer les frais de surveillance de nos invités (on appelera cela protection rapprochée) sous la forme d’un gendarme chargé de surveiller tout étranger de passage, depuis la descente d’avion jusqu’à son retour à la fin du colloque ?

J’ai honte oui j’ai honte de ce pays. J’ai honte d’inviter des gens en France dans ces conditions. J’ai honte de devoir relever de telles inepties. J’ai mal à mon président j’ai mal à mon Besson, le traître comme les aime Nicolas Ier. Ils se plaindront ensuite ceux là de la perte d’influence de la France en Afrique : nous faisons tout pour qu’elle se détourne de nous.