Vous consultez une archive. Le contenu de cette page n'est peut-être plus d'actualité.

Le Soutien aux personnes menacées

(Sarkositoire du 19 février 2008)

Le soutien aux personnes menacées :

une grande image de la France

Notre omniprésident décide un dimanche après midi (c’était le 10 février) qu’on mérite d’avoir une allocution télévisée. Pour faire oublier Neuilly ou quelqu’autre déboire. Tiens s’il parlait de l’Europe ?

Et le voilà parlant.

J’aimerais lui conseiller des tas d’autres sujets pour une allocution du dimanche soir.

Le sujet des Sans-papiers par exemple serait excellent : on aimerait qu’il manifeste son soutien à leur égard. En attendant on peut se contenter d’autres interventions et il y a des signes encourageants. On sent bien que ça bouge au plus haut niveau. Ne plaide-t-on pas autour du mari de Carla en faveur de la jeune somalienne néerlandaise Ayaan Irsi Ali sur laquelle pèse une fatwaa ?

Que nous aimerions qu’il reconnaisse aussi les problèmes du Sans-papier de base dans un pays qu’on appelle Frankrijk en néerlandais. De combien de coup de couteau faut il être menacé pour obtenir le droit d’asile, ou même mieux peut-être la naturalisation ?

Avec Ayann Irsi Ali, Rama Yade porte-parole de Nicolas Sarkozy montre la voie à suivre : les cas individuels sont effectivement analysés avec bienveillance.

J’attends de Rama Yade qu’elle défende tout le monde, le monsieur Sans-papier de base avec autant de conviction. Qu’elle vienne parler à la télévision avec un Sans-papier dont l’image serait floutée pour que sa préfecture, son commissariat de Quartier, son Chef de projet au Ministère des Retenus et Reconduits ne le reconnaisse pas trop vite. Pas avant que le président, ému, ne fasse savoir qu’il accorde son soutien immédiat. Et qu’il ne dise qu’un pays qui agit de la sorte c’est honteux. Un pays dont le nom néerlandais est Frankrijk.

J’aimerais par la même occasion que l’Education Nationale lance une vaste opération où chaque enfant des écoles de France parrainerait un enfant de Sans-papier qui craint la reconduite à la frontière et qui peut-être a déjà été renvoyé de force au pays avec toutes les conséquences que cela implique. Ainsi les enfants seraient amenés à se mobiliser pour construire l’histoire fraternelle du monde de demain car à quoi sert de ressasser les horreurs de l’histoire d’hier si l’on est incapable d’en tirer les conséquences sur les mécanismes d’exclusion d’aujourd’hui qui, dans la tête de certains, peuvent conduire aux pires aberrations ?

Evidemment ce parrainage ne se ferait pas au nom d’un petit mort. L’histoire des Sans-papiers s’écrira — elle s’écrit déjà — avec les vivants qui auront la force de répondre. Dans cet esprit, signalons qu’un collectif d’intellectuels africains, sous la direction de Makhily Gassana de l’université de Dakar, vient de publier (février 2008, éditions Philippe Rey), L’Afrique répond à Sarkozy, pour faire suite à son discours de Dakar du 26 juillet 2007 où son adresse « fraternelle » est apparue « comme une grossière tentative de maquiller publiquement en œuvre de bienfaisance les crimes de ses ancêtres. »

Ne nous laissons donc pas tromper par les figures de bienfaisance et les étranges devoirs de mémoire que ce régime à visée totalitaire cherche à mettre en œuvre.