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La politique du résultat pour la police

Si nous prenons de la hauteur et analysons ce que l’on fait faire dans tous les domaines à nos braves policiers, on comprendra mieux les logiques employées aussi pour les Sans-papiers et on comprendra les bavures, les exces et tout ce qui s’ensuit.

C’est ainsi que par des indiscrétions et transmissions judicieuses à la presse, on apprend que dans une ville (et tout porte à croire qu’il doit en être de même dans toutes les villes), le commissaire de police indique à ses policiers les résultats qu’ils doivent atteindre dans l’année pour leur secteur : tant de contraventions, tant d’interpellations dans les patrouilles nocturnes, tant d’ivresse sur la voie publique, etc.

Vous avez bien entendu : on fixe d’avance le quota, le nombre de coupables et ce qu’ils ont fait. Autant décider de jouer la comédie sociale jusqu’au bout, en toute confraternité : cette semaine c’est ton tour d’avoir une amende, qu’est-ce que tu préfères, ivresse ou violence conjugale ? On peut jouer sur les deux tableaux : çà donne sûrement une prime supérieure. A moins que ça ne compte que pour une ! Ça me rappelle quand les flics m’arrêtaient pour un petit délit de rien du tout et qu’ils en profitaient pour faire le tour de la voiture afin d’essayer de trouver autre chose : du bon vieux temps par rapport aux méthodes actuelles !

Il me semble que les policiers étaient autrefois appelés « gardiens de la paix » . On ne dit plus souvent cela à leur égard !. A l’époque on leur donnait sans doute une prime quand il y avait baisse de la délinquance. Ça semble plus logique non ?

Et bien non, il faut s’y faire : aujourd’hui c’est l’inverse qui se pratique. Plus le quota des délinquances sera en hausse plus nos pandores auront de bonnes primes.

On comprend mieux pourquoi on arrête les étrangers. Le délit de faciès est plus facile à repérer dans la rue et il y a une bonne prime à la clé s’il faut reconduire à la frontière.

Dans cette absurdité nos autorités n’hésitent pas à aller jusqu’au bout : de véritables criminels sans papiers ne sont pas renvoyés parce qu’ils font partie de catégories qui ne comptent pas pour les statistiques du Quoti-Quota et de son successeur, le Courtiministrant (Patrick Weil, Le Monde du 14 janvier 2009)

Et ce n’est pas fini : tout ce monde arrêté, balisé, aura sa traçabilité. Tout le monde va se retrouver joyeusement confondu dans le fichier STIC où l’on enregistre aussi bien les victimes que les présumés coupables et où le fichier n’est pas mis à jour :1 million d’informatios non transmises pour la seule année 2007 sur ce fichier qui n’est jugé fiable qu’à 17% selon une enquête que vient de rendre la CNIL.

On voit que tout ce jeu est extrêmement dangereux pour tous, citoyens et non citoyens. Ça ne s’apparente plus au jeu démocratique tout ça. Comment on pourrait appeler cela alors ? Comment ? Mais non voyons, mais non, ce n’est pas encore le matin brun, on peut encore choisir la couleur de sa chemise !