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Quand le quota des uns fait (presque) le bonheur des autres

Comment faire du Quota en zone frontalière sans que cela ne gène (presque) personne

Deux informations récentes me réjouissent, destinées à arrondir les statistiques de reconduite à la frontière.

C’est deux nouvelles me sont apportées d’abord par un excellent article de Patrick Weil dans le monde du 14 janvier, puis par une émission de Thalassa du 16 portant sur la Guyane).

Commençons donc par le commentaire de l’info parue dans l’article de Patrick Weil (dont l’intérêt est beaucoup plus large)

Aux frontières, quand un passager reprend l’avion après avoir dépassé son temps en France (on prend l’exemple de 3 mois avec quelqu’un qui repart au bout de 4 mois) voici comment vous êtes traité selon votre nationalité :
- personne de la zone Europe : vous passez sans le moindre commentaire
- personne d’Afrique : on vous interpelle, on vous entraine dans les services pour vous signifier un arrêté d’expulsion et donc renvoi dans votre pays. Puis on vous remet dans votre avion vers votre pays (ce que vous vouliez faire).

De cela je déduis que tous les Africains qui veulent aider les statistiques du gouvernement français et améliorer leurs finances devraient non pas se payer le voyage retour, mais attendre de se faire expulser (aller à la gendarmerie la plus proche pour se dénoncer par civisme) et ainsi avoir le voyage de retour gratuit.

Poursuivons avec Thalassa

Le poste frontière de Goyaco est face au Brésil. Les Brésiliens munis de petites embarcations, font passer des passagers du Brésil vers la France, au su et auvu de tous, tranquillement, dans la journée, comme on passe n’importe quelle frontière un tant soit peu normale. Mais ici ils sont arrêtés par les gendarmes qui les attendent, conduits à la gendarmerie où on leur donne un arrêté d’expulsion, les priant de reprendre tout de suite leur barque pour retourner d’où ils viennent.

Ce sont de petites barques dont les patrons n‘auraient aucun intérêt à s’immobiliser en France, même pour quelques jours. Leur travail c’est d’effectuer le passage. Mais ainsi tout le monde est content. Ça donne une drôle d’ide de la manière dont fonctionne la France, tout ça. Mais bon, au moins on voit qu’on aime la paperasse.

Evidemment je sais que toutes les statistiques ne reposent pas sur des mécanismes construits ainsi, il y a hélas de vrais retours honteux.

Mais tout de même on voit que pour faire du chiffre (un chiffre ridicule au vu des chiffres migratoires globaux), dans le cadre d’une politique spectacle, le gouvernement est obligé de pratiquer une drôle de gymnastique de l’esprit. Une gymnastique dans laquelle il perd son âme. Disons qu’il l’avait perdu déjà au moment où il avait imaginé cette gymnastique.