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Je suis contre une Europe où Y a bon Gabon Bongo

Les préhistoriens d’aujourd’hui ne savent pas trop où faire naître l’humanité, cela change au gré des découvertes. En tout cas il semble bien que ce soit plus en Asie ou en Afrique qu’en Europe. Nous sommes descendants de nomades plus que du Christ (qui n’eut pas d’enfant connu, si l’on en croit les évangiles officiels).

La vieille Europe, comme disait l’autre, qui n’avait rien compris de l’Europe et du monde entier, est donc toute jeune. Elle s’est faite par accueil sur notre terre de sans papiers innombrables.

Jeune Europe de quoi as tu peur ? Tu te dis solide et tu trembles et te mures ?

Il est bien malade le baobab qui a peur du sans-papier assis à ses pieds !

Comme le dit Virilio le sédentaire est le nomade des temps modernes. Avec ses avions, ses hôtels climatisés, ses treks et ses modulaires, il va partout, il s’installe sous le nez des gens de toute la terre. Et le vrai nomade dont la maison est constitué d’un vaste territoire n’est plus chez lui nulle part !

Je rêve d’une Europe qui cesse de vouloir formater un monde à son image, à sa botte (je n’aime pas les bruits de bottes)

Je rêve d’une Europe qui ne fait pas son beurre sur le dos du karité d’Afrique.

Je rêve d’une Europe qui ne soit plus humanitaro-militaire. On reconstruit après les destructions, on soigne les morts, on empoche l’argent d’études dont le prix englouti ce qui pourrait suffire à réellement mettre en place les services de Santé du Gabon.

Je rêve d’une Europe qui ne détruise pas le reste de la planète pour son petit bien-être.

J’en ai marre de cette Europe qui fait semblant d’observer à distance et avec dégoût ces guerres entre « africains » qu’en fait elle alimente.
C’est elle qui leur fournit les armes.
C’est elle et ses traideurs et ses Arnaud de la finance et ses Pérol de la copinerie qui sont à l’origine de tout cela.
C’est elle qui cherche en veux tu en voilà, et à tout va, à réduire la planète en désert.
C’est elle qui bouleverse l’équilibre des régions d’Afrique qui étaient greniers à blé pour acquérir quelques métaux précieux destinés à la préciosité de nos mœurs.

J’en ai marre de ces évêques qui excommunient des femmes qui avortent après un viol par leur beau-père. Et ce dernier peut toujours aller communier tranquillement.

J’en ai marre d’une Europe où la machine à laver les cerveaux fonctionne à plein régime.

Je rêve d’une Europe qui ne soit pas forteresse. D’ailleurs les forteresses s’écrouleront comme celles du Moyen Age. Mais les Bouygues, Dassault, Lagardère et autres constructeurs et marchands d’armes ne sont pas à ça près !

Je rêve d’une Europe qui ait sa place dans le monde, toute sa place mais rien que sa place.

Je rêve d’une Europe qui se fera respecter car elle respectera les autres.

Et pour que ce rêve se réalise on n’est pas trop de tous.

Au boulot !

Texte initialement écrit entre Cotonou (Bénin) et Amiens (France), mars 2009