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La lampe tempête le Silence et les CRS

Comme à Toulouse depuis quelques années s’est mis en place à Paris un cercle de Silence : pendant une heure, sans parole, se réunissent place Royale, des personnes solidaires de la cause des Sans-papiers.

Au centre du cercle de silence : une petite lampe tempête.

A l’extérieur se tiennent des CRS. Ils constituent le service d’ordre.

Ont-ils peur pour les manifestants avec cette lampe tempête au centre ? Craignent-ils qu’elle ne tombe par terre et ne mette le feu au macadam ou plus vraisemblablement au vêtement de la personne la plus proche ?

Mais alors des pompiers n’auraient-ils pas été une meilleure solution ?

Non je crois qu’ils protègent les silencieux contre les bruyants qui pourraient venir manifester leur désaccord.

Ou bien non : ils attendent que la manifestation dégénère, que quelqu’un ne prenne la parole contrairement à ce qui a été convenu avec le Préfet de police de Paris : la manifestation s’engage à être silencieuse.

Il suffirait d’un cri, d’une phrase, et les CRS auraient le droit de charger.

J’imagine que leurs officiers ont placé des vigiles aux quatre coins du Cercle de Silence pour relever le moindre propos et donner l’ordre de charger.

Evidemment un dérapage est toujours possible, une méprise sur un manifestant qui éternue ou respire soudain bruyamment.

Pensez : c’est long une heure de silence pour une compagnie de CRS habitués à travailler dans des contextes plus bruyants. Il faut vraiment savoir tout faire dans la police. Et garder son sang-froid en toute circonstance.

Mais ce soir – comme les autres soirs – il ne se passera rien, la manifestation se disperse dans le calme. Il ne reste bientôt plus que la lampe tempête que quelqu’un viendra peut-être éteindre avant la fin de la nuit.

Dormez braves gens, encore une fois le Cercle de silence a porté sur ses épaules votre capacité à supporter les turpitudes de notre ministère de l’inhumanitaire.