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Marina Petrella

J’ai mal à mon pays

_ L’histoire récente de Marina Petrella représente aujourd’hui l’un des plus forts symboles de l’absence de parole d’Etat.
_ Marina est cette italienne ancienne des brigades rouges qui a assassiné un policier à l’époque de son combat. Quel que soit ce qu’on peut penser de ce combat (et cette forme n’a jamais été la mienne) la question est ailleurs aujourd’hui : voilà quinze ans l’Etat français alors présidé par François Mitterand a accordé l’asile politique aux brigadistes.
_ Mais aujourd’hui, envers son grand ami Berlusconi, Sarkozi veut faire un geste « fort » (la force des faibles comme son agitation autour de la Chine où il va battre le record de vitesse Cap Nègre-Pekin aller retour en une journée), et renvoyer les brigadistes.
_ Parallèlement il propose d’ailleurs l’asile politique aux repentis colombiens qui voudraient quitter leur combat pervers. Et il croit que les colombiens des FARC vont le croire après tout cela ? Ils sont au moins aussi tordus que lui sur le plan des calculs machiavéliques.
_ J’ai mal à mon pays qui n’est pas capable de tenir la parole donnée et qui sans cesse ne cherche que des coups médiatiques pour plaire tantôt de ce côté ci du peuple et tantôt de ce côté là car un homme profondément dictateur en son for intérieur doit bien sûr plaire à tout le monde.
_ J’ai mal à mon pays qui donne à tous le sentiment de l’instabilité alors que le propre d’une civilisation c’est de constituer un cadre où les gens peuvent vivre dans une certain tranquilité.
_ J’ai mal à mon pays qui oblige maintenant les policiers à dormir devant les chambres d’hôpitaux pour que les mourants ne s’évadent pas (n’oublions pas que cette garde imposée par les plus hautes ( !) autorités de l’Etat fut le cas cet été.
_ A-t-on imaginé vivre un jour dans un pays où les mourants font peur ?
_ J’ai mal à mon pays qui montre autant de mauvaise foi afin d’arriver à ce que des gens autorisés à entrer sur notre territoire puissent devenir illégaux pendant leur séjour car on a changé la loi !
_ Le cas de Marina Petrella est emblématique de ce changement de règles du jeu pendant la partie.
_ Ami entends-tu : j’ai mal à mon pays !