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L'imaginaire de la betterave à sucre

Eh ! oui la pomme de terre ne suffit pas à assouvir mes fantasmes.

A vrai dire elle ne m’a jamais suffit ! Heureusement que je ne suis pas mono-poète d’un seul aliment.
Je suis poète du jour et de la nuit, des parasols et des parapluies, de l’homme et de la femme, du désir et de l’attente (mais le désir n’est-ce pas d’ailleurs de l’attente), de l’homme et de l’animal, de l’animal en l’homme et de l’anthropologie de l’animal, du soudain et du lent, de l’émergent et de l’immobile (qu’est-ce que vraiment que l’immobile, n’est ce pas qu’une question de point de vue), du partage et de la lutte contre l’inhumanitaire qui s’épanouit à la Cour de France.
Alors pourquoi pas la betterave à sucre ?
Mais je sens déjà que certains concluent à l’arnaque : « il ne dit pas tout. Il y a autre chose derrière tout ça.
Et bien oui il y a autre chose : cette fois je suis tombé dans la betterave à sucre à partir d’une proposition de la bibliothèque départementale de la Somme, département de ma résidence la plus longue déjà depuis que je suis sur cette terre.
La betterave à sucre est une des productions de cette terre.
Et le directeur de la bibliothèque départementale, Hervé Roberti, qui m’avait fait plancher sur la pomme de terre en 2007, m’a demandé de récidiver avec la betterave à sucre. N’est-ce pas naturel quand les bibliothèques sont entourées de betteraves ?
A vrai dire on pensait même plus globalement au sucre. Mais quel sujet ! La littérature et le sucre, c’est quasiment revisiter toute la littérature depuis qu’on a abandonné le miel (adieu Cléopatre).
Alors certainement qu’il y aura ici des incursions. On peut pas parler de la betterave sans évoquer le sucre et aussi la canne. Il n’empêche : c’est par la betterave que j’aborde le sucre et ce cheminement, jamais il ne pourra s’estomper.
La betterave c’est par excellence la plante anti-esclavagiste. La plante du blocus continental entraîné par les relations de Napoléon avec l’Angleterre. UN blocus qui prend naissance dans la Paix d’Amiens au début du XIX°. Amiens, la Somme, la betterave, je ne pouvais pas ne pas me plonger dans cet univers.
Bon, c’est pas tout ça mais faut se repérer un peu, je suis poète mais je dois classer de temps à autre, sinon personne n’ira jusqu’au bout de cette démarche.
Qu’allez-vous donc trouver ici ?
Et bien d’abord quelques pages rattachées à cette rubrique qui donnent un première repère d’ensemble, peu poétique peut-être, mais bien réel :
- éléments historiques sur la betterave à sucre (où l’on retrouvera nos vieux amis de la pomme de terre : Olivier de Serres et Parmentier)
- la présentation de la journée organisée à la bibliothèque départementale de la Somme le Jeudi 16 avril 2009
- des données bibliographiques historiques et économiques et repères concernant les réseaux professionnels ou d’archéologie industrielle sur la question.

Et puis des embranchements qui s’annoncent plus vaste et vont au cœur des rapports entre l’imaginaire le sucre et la betterave à sucre :

  • Littérature betteravière : recueil de textes multiples où les poètes et romanciers se laissent aller à évoquer la bonne betterave à sucre.
    Cette anthologie est bien sûr ouverte à tout ce qu’on voudra bien me transmettre.
    Elle sera ouverte aussi sans doute à l’univers du sucre, à celui de la canne. Mais là je vais aller doucement, je n’ai pas la prétention de parcourir l’ensemble de l’histoire mondiale depuis 4 siècles (l’histoire de la canne à sucre aux temps modernes c’est l’histoire de l’esclavage)
  • Présentation de l’exposition que j’ai réalisée sur le sujet, en deux parties,
  • L’une basée sur un reportage dans la Somme, entre le sarclage (l’arrachage) dans le champ et la transformation dans la sucrerie
  • L’autre établissant des parallèles entre les formes de la nature et les formes d’autres éléments naturels avec lesquels elle manifeste une affinité certaine.
    Cette exposition est disponible à la location.
  • Quelques repères sur l’archéologie industrielle et les chantiers de mémoire des hommes qui ont travaillé en Picardie ou ailleurs pour la betterave, soit dans les champs, soit dans les sucreries.
  • Informations sur les créations artistiques autres que littéraires autour de la betterave et du sucre.

Je remercie les organismes professionnels, agricoles et industriels, le CEDUS, les militants de la cause des gens du sucre (revue Ch’lanchron, à Abbeville, « Paroles de betteraves à Crisolles, Mme Bourquelot à Crépy-en Valois, autour de la sucrerie de Vauciennes, etc.) qui m’ont permis d’entrer dans cet univers.