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Contes mythes et légendes sur la « papa » en langue espagnole

Il faut bien que la langue et la littérature expriment en Amérique latine que les pommes de terre viennent des Andes.

Les écrivains hispanophones d’Amérique du Sud disposent ainsi d’un site où ils peuvent mettre en ligne poèmes, mythes et contes, nouvelles, tous textes consacrés à la pomme de terre.
Pour l’instant j’en fais un usage homéopathique, en extrayant quelques textes du domaine des mythes et légendes, car en langue espagnole plusieurs de ces mythes ont été traduits, dès la période de la colonisation. Certains hommes d’Eglise ne supportaient pas en effet la violence faite aux Indiens et voulaient faire reconnaître leur culture, la consigner pour qu’elle ne se perde pas.
J’utilise certains de ces mythes dans mes lectures intitulées Modeste éloge à la pomme de terre. Il s’agit évidemment de lectures « en français : je traduis à ma manière, j’adapte, etc. selon mon état d’esprit du moment. Certains textes restent ceux d’origine, seulement traduits, d’autres, je le sens bien, seront des adaptations.

_ Claude Lévi-Strauss, dans css analyses des mythes Indiens du Brésil, a rencontré un mythe qui parle de l’arrivée dans la société humaine du maïs et de la patate. C’est une déesse, une étoile, qui apprend aux hommes à la cultiver. Le structuraliste de la première heure qu’était alors Lévi Strauss s’en donne à cœur joie à réfléchir sur cette entité céleste apportant la vérité sur ce qui pousse sous la terre. La liaison du monde des airs et des forces chtoniennes. De quoi remettre en cause le classement des rêveries de ce cher Gaston Bachelard.
_ On découvre aussi sur ce site des textes d’auteurs traduits en français mais qui ont toute leur saveur en espagnol. Je veux parler par exemple de la belle Oda a la papa de Pablo Neruda, qui rappelle qu’il s’agit de « papa » et non de « patata ». « Papa » est le nom de la pomme de terre en Quechua. Les castillans en ont fait la « patata ». Et nous, en France, la « patate ».
Vous voyez que notre modeste mot de « patate » a toute une histoire à assumer. Il n’a rien à envier à « pomme de terre » et ne doit en rien lui céder la place. D’ailleurs je n’ai pas entendu dire qu’il en serait question. Réhabilitons au contraire le mot « patate » : c’est lui qui porte le poids de cette histoire qui nous lie à l’Amérique du Sud. J’aime à penser qu’en disant « patate » je suis en harmonie avec les quechuas et leur « papa ».
_ Quand on apporta au roi d’Espagne pour la première fois cette « patate », il fut tellement ravi/conquis par le mot « papa » qu’il envoya quelques patates à Rome, au Vatican, tout simplement parce qu’elles portaient le même nom que le pape. Et oui « Viva el papa » peut prendre plusieurs sens. Les papistes ne savent pas qu’ils offrent un magnifique hommage à la « papa » en prononçant cette phrase, et pendant la colonisation, à faire répéter de force la formule par les Indiens.
La coccinelle est la petite bête à bon Dieu et la « papa » la petite tubercule du Vatican. Foin des pâtes !

Revenons pour finir à Pablo Neruda et à son Ode à la papa, où il manifeste bien son identité d’Amérique du Sud :

_ PAPA,
te llamas
papa
y no patata,
no naciste castellana :
eres oscura
como
nuestra piel,
somos americanos,
papa,
somos indios.
_ Pas besoin de traduire, n’est-ce pas ?
_ Mais je ne vais pas celer plus longtemps l’adresse où toutes celles et ceux qui ont eu un peu de connaissance en langue espagnol (hispanique ? Non castillane) pourront faire un tour avec grand profit pour l’extension du domaine de la lutte au profit de la pomme de terre. A saisir notamment l’univers donc des contes, mythes et légendes :

http://www.redepapa.org/cuentos.html