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Lúcia Cherem

Séance du 2 octobre 2012


Présentation

Je suis née dans une petite ville bordée d´une rivière pleine de boue – Tijucas – la boue en guarani.
J´habite au centre ville d´une grande ville. C´est bruyant et agité, mon quartier.
J´enseigne le français et la littérature.
J´aime les textes, la mer et cuisiner.
J´aime pas le froid, le bla bla bla et les olives.

Le titre d’une photo :

Nuage à trois


Un petit rien qui fait du bien et qui ne coûte rien

Faire sortir le moule du gâteau encore chaud et ne pas le rater.

 

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Séance du 9 octobre 2012


Hommage á la main:

Ce matin, ma main gauche – celle qui m´intéresse — je suis gauchère —
n´est pas nue : j´ai deux bagues simples que j´aime bien.
Les ongles, il faut les couper, ils m´énervent quand ils commencent à pousser.

Et alors il ouvrit la porte

Et alors, il ouvrit la porte.
Elle était couchée sur le sopha, elle regardait un film, elle mangeait du popcorn: il n´y avait pas assez de
lumière dans le salon, elle le voyait à peine.
Elle devait réagir, mais elle n´avait pas le courage, ça l´agaçait de se lever pour le recevoir, allumer la lumière, arrêter le film et le recevoir socialement, cet homme qui n´était plus son mari, qui venait voir leur petite fille sans la prévenir.
Alors elle dut s´adapter comme si elle ne le connaissait pas depuis plus de vingt ans, parce qu´il y avait une
distance entre eux.
C´est comme si elle venait de faire sa connaissance.

Un petit rien


Me mettre dans le lit une fois par semaine sous des draps frais, propres et, parfois, à fleurs.

 

 

mardi 16 octobre 2012

 

Un petit rien
Quand je cherche l´agrafeuse et je ne la trouve pas, c´est la galère.

Mais quand je pense que je peux utiliser en trombone, je suis soulagée.

Haïkus

Soleil d´été

Pieds sous la mer transparente.
Un crabe sous l´eau peu profonde.
Mon regard suit sa course.

Récit « Je me  souviens »

Je me souviens d´un jabuti qui traversait notre salon lentement. Ça a été un cadeau d´une tante qui vivait à la campagne. J´étais fascinée par son casque, sa peau et sa tête. Je le quittais quelques instants et je revenais pour voir le trajet qu´il avait fait pendant mon absence. Je ne sais plus ce qu´on a fait de lui, cet animal paisible, très calme qui m´a donné une leçon de lenteur…

Menterie : J´ai vu, j´ai vu, compère

J´ai vu, j´ai vu une patate
Qui dansait dans la mer.
Attrapée par la taille,
Il fallait qu´elle s´en aille !

 

Mardi 23 octobre 2012

 

Vu de ma fenêtre

Entre deux immeubles beiges de dix étages
J´ai vu, en bas,  une terrasse citadine sur un parking
Quelques chaises en plastique, deux petites tables.
Sous la pluie, ces meubles sont bien lavés.
J´ai du mal à imaginer qui viendrait là, prendre un apéro, entouré de béton.

Petit rien

Mon corps m´occupe ce matin
Je suis bloquée pour la poésie
Pas de petit rien.

 

Dictée Imaginaire


Je suis dans une salle de classe. Je redeviens une élève et on me demande d´imaginer une dictée.

Eh bien, je n´ai pas d’imagination ce matin.
Non !
Je crois que je n´ai jamais eu d´imagination.
C´est pour ça que j´écris sur moi, et que je décris ce que je vois et ce dont je me souviens : toujours du concret.
J´ai du mal á fabriquer avec les mots. Je pars toujours de ce qu´on peut toucher, voir ou sentir. Je préfère faire un gâteau ou mettre le couvert. Je peux même faire la vaisselle en rêvant.
Mais je déteste ranger les armoires et organiser les papiers.
Toutes ces feuilles de papier qui m’entourent,  factures, listes d´achat et des bouts de papier de toute sorte : des publicités, des notes, des cahiers ouverts partout.
Je ne m’y retrouve plus !
Si je commence à ranger, je me mets à lire. Et je dérange encore tout.
Je remets la paperasse dans un tiroir et après  j´ai envie de vomir, tellement je suis envahie par les imprimés, les lettres, les mots. À la fin je suis en état de mourir par les mots.

Extrait de : La vie d´un prof, de Griselda Martins

Questions :
1. Comment cette femme va-t-elle s´en sortir ?
2. Cette femme a-t-elle besoin de vacances ?
3. Elle aime cuisiner ou enseigner?

Poésie et nature


La mer
La mer a été ma demeure
Et elle le sera toujours
Ma première grande joie : l´arrivée des pêcheurs sur la plage, l´enlèvement du gros filet, laissé là, dans la mer, toute la nuit.
Les corps en argent des poissons, sautant, m´offrent l´éclat de la mer.

De quoi se compose : le thé au sourire ? Le thé aux larmes ?

Le  thé aux sourires

de la cannelle,
un dernier morceau de chocolat noir,
un verre d´eau bien frais dans l´estomac vide,
une photo par mel de quelqu´un que j´aime,
la brise de mer,
la découverte du côté poétique du français.

Le  thé aux larmes

les pieds mouillés et froids en hiver,
il n´y a pas un œuf dans le frigo,
le dentifrice est terminé, terminé,
tout commence à mal marcher dans la maison :
l´évier est bouché,
la porte grince,
la vie est en désordre.