Dans la chair du cri (extraits)

Kamal Benkirane

dans les geysers du néant
j’émets un chant
solidaire dans la diversité
du genre et du nombre…

et ce petit coin de fenêtre
dans le couvent de ma mélancolie
c’est là où gît mon rêve
haute demeure apprivoisée

fluide dans les turpitudes de l’amour
qui ont condamné dynamites
et esprit de balluchons
en déflagrance délit

un mot fougère
qui mange cru dans ma main
triture l’obsession de l’effluve première
ou tout n’est que lutte ouverte
dans la parole éclatée.

Un seul mot
devant l’hostilité des frontières.
ou les hommes cesseront de céder
à la convoitise triviale
du fer rouge

un seul mot
à la racine cosmique
par delà cette nuit opaque
Et on jettera l’éponge !

face aux gonflés à l’hélium
me projette au onzième cri
d’une entaille rouge ocre
Flot de subterfuges
qui me dira le secret du choc post –traumatique
du qui jugera qui ?

Puisque le cri est rendu
à son stade tertiaire
aimante les palabres de l’impuissance
sur des idéaux souillés
indéfiniment, je reprends ma bonhomie…

pour dire l’humain
sur les donjons de la mémoire
sur les commissures insalubres de l’étoile
et dans ces regards mortuaires
de déshérence….

indéfiniment
l’avenir dépendra
de l’écho de l’avenir…

Aux enfants de Gazza

Souris ô mon bel enfant
Comme sourit dans les champs
Les tournesols resplendis
Par les effluves du matin

Souris ô mon bel enfant
Comme sourit la grève devenue miroir
À la plage de sable blanc
Parée par les traces du jour

Souris ô mon bel enfant
Comme sourit des anneaux d’argent
Souris sur l’écume des vagues
Le soleil émergera des failles de ton errance

© Kamal Benkirane 2009