Encore une nuit

Voici un poème qui nous est proposé par Olivier Larizza

Encore une nuit

Quand tout se refusait
à lui que l’isolement le narguait
et que l’hostilité de ces soleils noirs
qui moisissaient dans les relents de leur histoire
lui salissait la face
il regardait devant
Sur l’horizon un voilier coupait la lumière & le vent
transportait des fragrances de retour Seul contre
tous il persistait dans sa torpeur son accablement
et le silence ourdissait sa revanche bientôt
du marasme surgiraient les dragons de la gloire
et le pauvre matamore aux lèvres myrtille
accroché comme un gland à son méprisant
palétuvier se redressera et soufflera
son chant triste sur le reste du monde celui-ci
n’entendra rien comme d’habitude et le gris
du quotidien lui tendra les bras Alors
le petit marin aux cheveux longs et à la
chemise blanche brandira son glaive il
brandira sa plume écorchera
la langue des bourgeois de Paris
qui de leurs deniers le gratifieront oui
le petit borgne à l’œil sombre et pétillant
deviendra grand — Géant et joyeux un colibri
vient de se poser sur les rebords de l’
inspiration & la nuit s’achève demain

(Fort-de-France, décembre 2006)