Poème à la betterave

Jeanne Hyvrard

J’ai suivi les conseils e Thierry Cazals (voir la page qui lui est consacrée, dans cette rubrique), je suis allé voir le Poème de la betterave sur le site de l’harmattan.
J’en donne les coordonnées pour ceux qui veulent vérifier ou mieux encore acquérir le livre dont est extrait ce texte.
Il m’a paru d’autant plus intéressant qu’il est emblêmatique de la vision de la betterave par les citadins ou disons par tous ceux qui ne sont pas en contact direct avec elle sur le plan professionnel : nous ne voyons de la betterave, dans les zones d’exploitations, que ce corps broyé, disloqué, tombé du camion qui la transportait vers la sucrerie.
Je crois que d’autres textes vont se révêler dans cette veine au fil de mes lectures et découvertes.

Une betterave gisait

En travers de la route

Tombée d’un camion

Sans doute

Et déjà séparée

De la part d’elle-même

Qui avait roulé

Un peu plus loin

Au bas côté

Dans le fossé

Elle était compacte

Et terreuse

Stoïque et résignée

Au milieu des débris

Boueux

De son champ natal

On voyait sur le bitume

Les traces de roues

Du véhicule

Qui avait là

C’était sûr

Procédé à un écart

Inattendu

Et pour elle

Hélas

Fatal

Et dans ce jour levant

Dans ce bout

Du Vexin normand

On avait gratitude

Pour cette ultime posture

De dignité

Jeanne Hyvrard, le 22 janvier 2007
Titres des recueils de Jeanne Hyvrard à retrouver ici, sur le site de l’harmattan :
[http://www.harmattan.fr/index.asp?n&hellip ;]