Les Glaneries de Merlieux (Aisne)

Les glaneries de Merlieux ont été recueillies le dimanche 28 septembre 2008

M. Hembory est d’origine cambodgienne. En voyant dans l’exposition que je présente la photo de patates douces transportées par des commerçants dans une barque sur le Mékong il me parle du grand fleuve qui naît en Chine, passe dans son pays, traverse Pnom Penh, achève sa course au VietNam (Vinh Long, et le delta… Pas Hochiminhville où passe la rivière Saigon). Quel plaisir à l’entendre raconter ce fleuve qui inverse son cours chaque saison en juillet-août, et inonde donc des zones différentes. Le grand illustrateur-écrivain jeunesse François Place en avait une très belle histoire dans son recueil Les Géographes d’Orbae, tome 3 : « le fleuve Wallawa » (qui coule dans un sens le jour et dans l’autre la nuit), parue aux éditons Casterman (2000).
M. Hembory nous fait voir les bananiers saisis par la population, dont le bois flotte ensuite sur le fleuve, on voit les enfants nager dans ce fleuve boueux (la piscine c’était pour les Blancs), utilisant l’écorce de banane comme bouée (tout est utilisé dans le bananier).
Les patates sont appelées en cambodgien « la tubercule des français ».
En France Hembory aime cuire à l’eau les patates et mettre un peu de sucre pour les manger en dessert. Cela lui rappelle son pays.

« Savez-vous quand a été créé la « Charlotte » me dit cette dame ? »
Non, je ne sais pas.
« Eh bien c’est en 1981, et même exactement en février 1981. Et la Nicolas aussi. Je le sais parce que ma famille est né ce mois là et justement je l’ai prénommée Charlotte ! »

Un jeune homme qui se dit animateur environnement (et je n’ai aucune raison de ne pas le croire) me dit qu’il fait de flûtes de pan en pommes de terre avec les enfants

Un homme est heureux de rappelle qu’il mangeait des patates douces sucrées dans les rues de Tokyo.
Originaire de la région de Grenoble cet homme habite désormais Lie S/Aisne et c’est là dit-il qu’il a découvert ce qu’il appelle le « milieu » de la pomme de terre (il ne savait pas l’aspect que pouvait avoir un champ de pommes de terre.

Il y a de plus en plus de patates dans la région de Saint Michel. On en voit les fleurs au printemps.

J’aime pas l’épluchage.
Je préfère les pommes de terres nouvelles. Comme les « jacket potatoes » en Angleterre. Il suffit de passer du sopalin.
Les Anglais les coupent en 2 mettent du Sheddam dessus, passent au fur.
C’est ce qu’on fait maintenant dans les patateries. Elles devraient donc s’appeler des « potatoeseries » !

Cette dame me raconte qu’autrefois, étant enfant elle a eu une peur terrible avec une pomme de terre.Celle ci devait être tombée d’un panier, et c’était retrouvée dans un coin sombre au pied de l’escalier menant à la cave. Elle avait germée et elle croyait voir que des formes immondes d’une araignée.
(Thérèse, de Reims-Cormontreuil)

Une jeune femme : « J’adore le mot « Tubercule », je ne sais pas pourquoi. Le « tube », peut-être ! » « Moi : je ne partage pas votre enthousiasme. Il y a « cul » tout de même ! « La jeune femme : Oui mais quand même, c’est un mot assez long, c’est chantant. »
(Anne)

On était 5 filles. Enfant nous mettions au dessus de l’armoire (c’était de petites armoires à l’époque) nos pommes de terre préférées : notre mère nous laissait prendre celles dont les formes nous plaisaient pour les garder ainsi.
On était de corvées de patates tous les jours. La pelure devait être la plus fine possible.

« J’aime pas les « porreterre » j’aime pas le goût ».
« Je vous dis « porreterre », c’est l’accent d’Arras. La voisine à ma grand-mère en avait en en apportait tout le temps.
Encore maintenant j’aime pas.
(Frédérique)

« Elles ont quel âge les pommes de terre ? »
(Héloïse)

« On peut faire rissoler les épluchures de pommes de terre à l’hule d’olive. C’est excellent !
(Janisce)

J’ai un fils (Florent)
Il adore la pomme de terre.
Il ne peut s’en passer.
Il préfère les frites.
(Marie-Florence)

« Connaissez-vous ce proverbe de mon enfance :
Les pommes de terre pour les cochons
Les épluchures pour les Bretons. »
(Marie-Florence)

Je fais mes pommes de terre moi-même.
J’en prends soin.
Je n’ai pas traité pour éviter les doryphores. Je surveille. Il faut respecter le cycle de la vie
Je refais les plants moi-même. ON dit que de garder les plants n’est pas peau, ils dégénèrent. E peux vous dire que ce n’est pas vrai. J’ai des Rosabels de ma grand mère, depuis plus de quarante ans Elles sont toujours excellentes
(Claude, né à Merlieux, habite Laon)

Avec mon frère on devait ramasser les pommes de terre chaque année. Une fois on en avait vraiment marre. On a fait une bataille de pommes de terre, on les jetait sur la route avec le fanes.
J’avais huit ans !
(On a reçu une bonne raclée)
(on a été dénoncé par un automobiliste qui passait à ce moment et a téléphoné ensuite à mon père)

Dialogue à trois :
« C’est le seul légume qui se mange dans tous les sens »
« - ? - »
« Tu veux dire sous toutes les formes ? »
« Oui, c’est cela »