Les glaneries de Sannois (Val d’Oise)

Glané en médiathèque le samedi 4 octobre 2008

Intervenant en atelier d’écriture autour de la pomme de terre le samedi 4 octobre à la bibliothèque de Sannois (Val d’Oise) j’ai demandé aussi à quelques bibliothécaires de l’établissement de me parler de leur rapport à la patate. Voici donc ces témoignages auxquels s’ajoute celui d’une personne qui a participé par ailleurs à cet atelier d’écriture.


- Enfant j’ai ramassé des pommes de terre avec mon grand-père, dans le sud de la France région de Limoux). Et puis un puis un jour j’ai trouvé sur une patate une courtilière. J’ai eu peur, ça ma dégoûté, j’ai arrêter de les ramasser.
- Dans les pays nordiques le matin j’ai mangé des pommes de terre et des carottes râpées, à la poêle. Cela donne une galette assez impressionnante, avec un œuf au-dessus.
- Ecolier j’ai fait des personnages à base de pommes de terre avec des allumettes en guise de membres et pour tenir le corps et la tête. Le maître nous demandait de chercher des pommes de terre aux formes bizarres.
- Valéry se demande enfin si Arcimboldo (1527-1593) connaissait et a peint des pommes de terre. On regarde attentivement dans le catalogue de l’exposition de 2007 au Musée du Sénat, consacrée à ce peintre. Il ne semble pas qu’il l’ait peinte. Pourtant il vit 1527 à 1593 et peint donc beaucoup dans la seconde moitié du siècle, alors que la pomme de terre s’installe à ce moment là peu à peu en Europe. Il serait en tout cas intéressant de pister l’apparition de la pomme de terre chez les peintres durant le siècle qui court de 1550-1650 (les peintres et non les dessinateurs des planches de botanique).

(Echange avec Valéry)


« Je fais la cuisine et souvent je fais une recette italienne de pommes de terre, pommes rissolées dans de l’huile d’olive comme il se doit. On y trouve anchois salés, olives noires en petites rondelles et câpres. Je ne suis pas d’origine italienne. J’ai trouvé cette recette un jour en feuilletant un numéro de la revue Saveur.

(un bibliothécaire dont je n’ai pas noté le prénom – comme cela se poursuit un peu plus loin : qu’ils m’excusent et m’envoient ces prénoms que me mettrai en liaison avec leurs propos).


- Ma femme est bibliothécaire à Nanterre. Un concours d’écriture avec prix des lecteurs décerné sur la période mai-juin a lieu chaque année. Cette année quelqu’un a écrit un texte sur la pomme de terre. Cela concernait l’invention d’un instrument pour la décortiquer.
- Je n’ai jamais cultivé la pomme de terre et mes parents pas plus (région parisienne : on n’avait pas de jardin). Mon grand père cultivait lui les haricots verts. Des tantes qui avaient élevé mon père avaient elles un petit potager dans l’Aveyron.
Une partie de l’Aveyron (Sud et débordant sur le Tarn) s’appelle le SEGALA (le mot vient de « seigle »). Terre pauvre où l’on trouvait uniquement le seigle, la pomme de terre et le cochon.
- Ma belle famille est du Nord. Ils mettent des pommes de terre dans tous les plats. Au point qu’un jour ils ont servi du cassoulet avec pommes de terre. Une aberration !


Bruno évite le sujet. Rien que de les éplucher ça l’énerve. En général elles s’effritent, se cassent. Il n’a pas la patience de s’en occuper.


On me rapporte cette phrase que je ne connaissais pas, prononcée quand un groupe d’enfant parlait trop fort :
« Allez-vous vous taire,
enfants de pommes de terre ».


Paulette est grand-mère. Quand sa petite fille venait manger chez elle, elle lui faisait toujours de la bomme purée de pomme de terre. à sa petite fille qu’elle adore quand elle venait manger chez elle. Un jour, prise par diverses activités, elle n’a pas eu le temps de préparer une bonne purée et elle fait rapidement une purée en sachet déshydraté.
Ce jour là sa petite fille lui a dit :
« Ah ! grand-mère, aujourd’hui qu’est-ce qu’elle est bonne ta purée ! »


Santhy est d’origine Indienne (Tamoule)
- « Ma mère s’y connaissait dans les plats de pommes de terre. J’aimais beaucoup, ça apporte une certaine douceur.
- En Inde on ne les épluche pas (cela retire l’acidité), on les met directement dans l’eau. Ma mère faisait rissoler avec plein d’épices et de piments.
- On en mange au petit déjeuner, coupés en petits dés ou en pâtes.
- Les mots de la pomme de terre en Tamoul ? Sauf le nom général, que Santhy n’est pas sur d’orthographier, elle ne connaît le vocabulaire spécialisée. Elle va en parler à son professeur de tamoul. Et pourquoi pas un jour sur le site, une page consacrée à la pomme de terre dans la langue tamoule.