Les Glaneries du Mans (Sarthe)

Glané le 11 octobre 2008, durant la 25e heure, salon du livre


« Les ostréiculteurs appellent « patates » des conglomérats de mollusques »
[Les recherches que j’ai pu faire en première approche sur internet n’ont pas été convaincante jusqu’alors. Par contre j’ai découvert qu’existaient bel et bien des « patates de mer » notamment sur les fonds du Saint Laurent au Québec. Il s’agit de la Boltenia ovifera. En anglais on dit « sea potato, stalked tunicate ». Taille maximale : 80 mm.]


Une Indienne du Brésil (région d’Ilheus) a donné une conférence, avec deux autres Indiennes, pendant le salon. Christine qui est allé à cette rencontre, revient avec elle, « Mme Tupinamba », nom d’artiste sans doute, donné pour que les européens se rentrent dans le crâne les noms des grands nations indiennes (les tupi-namba sont un groupe au sein des tupis).
J’aurai certainement l’occasion de reparler d’elle ailleurs puisqu’on va échanger par courriel et sans doute aller lui rendre visite dans son village en 2009.
Ce qui m’intéresse ici c’est ce qu’elle a pu me dire sur la pomme de terre quand je lui en ai parlé. Son peuple ne la mange pas (mais la patate douce et l’igname). Par contre elle a un nom pour la désigner et c’est « batata ingles », la « patate anglaise ». Ça me donne envie de savoir d’où vient ce nom, quand on sait que l’Angleterre n’a jamais colonisé le moindre petit bout de territoire du Brésil.
Le mystère s’épaissit sur les circuits de pénétration de la pomme de terre dans le monde.


Jean-Marc m’apporte une masse d’informations sur la pomme de terre en Sarthe. Il reviendra deux fois me donner avec grand plaisir ces nouvelles. Voici ce que j’ai retenu :
- La patatogravure a servi parfois de manière très sérieuse et sophistiquée pour faire les tampons des faux-papiers sous l’occupation.

- Quand nous étions gamins il y avait « la chaudière » où l’on chauffait pour les cochons citrouilles, navets, courges, potirons, et autres tubercules et cucurbitacés… dont la pomme de terre. On venait prendre les pommes de terre. Elles avaient bon goût avec tout ce mélange dans lequel elles trempaient. On les mangeait en douce.

- J’ai appris que le schnaps était tiré de la pomme de terre. J’aurai bien aimé apprendre à en faire.

- les « patates en tombes » vous connaissez ? On creusait des trous dans la terre et on y mettait des tombereaux de pommes de terre, pour qu’ellles y passent l’hiver. On les recouvrait ensuite de pailles et de terre, ça faisait un petit monticule. Une bourrée servait de cheminée. Parfois pourtant elles pourrissaient.

- Au printemps c’était l’égermage. On enlevait les germes. Il y avait déjà parfois des petites patates. Elles étaient très bonnes. Et parfois aussi des germes de 15 à 20 centimètres.

- la plantation : je me souviens mon père au début il plantait à la main, avec la « mariée », morceau de bois en T. Après il aura le cheval pour tirer l’instrument, puis le tracteur.

- le topinambour c’est un concurrent sérieux de la pomme de terre. Je le trouve plus goûteux. C’est un goût qui ressemblerait au fond d’artichaud.


Dans les kermesses des curés autrefois parmi les attractions on vous proposait d’aller admirer « la Belle Hélène dans son bain » : C’était une pomme de terre dans une casserole d’eau.


Marc est aveugle, il s’arrête avec sa femme devant mon stand. Elle lui explique ce qu’on peut y voir. Je lui parle de la pomme de terre. Il prend alors la parole « j’ai une fille aux Etats-Unis, elle pratique le fitness. Elle lui a dit que là-bas le grand patron du fitness mixe la pomme de terre avec la peau en fait un jus qu’il avale et ça maintiendrait en bonne santé.
Pourtant ajoute-t-il, c’est une solanée. Ce ne serait pas dangereux de l’avaler crue ?
En tout cas ce doit être absolument infect. »
De retour à la maison je regarde ce que je trouve sur fitness sur Internet. Des milliers ou millions de pages bien sûr. Mais au moins cete définition qui me suffira pour l’instant :
Le fitness est un mot anglais apparu dans les années 1980, signifiant santé, forme. Le fitness se présente comme un ensemble d’activités musculaires sans charge lourde. On peut distinguer deux types d’activités, body fitness et fitness proprement dit.
Vous avez compris ? Bon. Moi ça me suffit ça correspondant à l’idée que je m’en faisais. Et je ne vois pas ce que la pomme de terre apporte au dégraissage du corps !
Allant plus loin je découvre dans le top santé fitness que la pomme de terre avec la peau à la vapeur ça fait du 65 de taux de glycémie, au lieu de 95 la pomme de terre cuite au four. Bon c’est un progrès. Mais attention la patate douce c’est imbattable : 46. Et le petit pois 41. Mais là on sort complètement de la famille !
Les taux à privilégier sont les plus bas, évidemment, ce qu’on nous signale comme étant « en dessous de 55 »). Peut-être que c’est le cas du jus de patate froide et mixée avec sa peau. Mais alors il est parti où le sucre ? En tout cas le fitness c’est vraiment pas mon truc je vais mettre cette discussion-là de côté.


« La Pomme de terre
Elle se sait moche et
L’accepte
C’est déjà beaucoup »

Ça c’est fauché en douce d’un tapuscrit en lecture au sein de l’équipe de Donner à voir.
Excusez-moi j’aurais pas du.
Remerciements à l’auteur : Valérie Huet.